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Les Antilles française intègrent le Réseau de résilience climatique caraïbe

Considérée pour beaucoup comme le sixième continent, la caraïbes travail sur un front commun de Réseau caribéen d'actions résilience climatique. Les Antilles françaises apportent leur appui à la Dominique, Haïti et Sainte-Lucie.

Les ravages causés, en fin d'année dernière, par les ouragans Irma et Maria, dans la Caraïbe, ont fait bouger les lignes. Les États insulaires de la zone ont redécouvert leur vulnérabilité face aux aléas naturels et au réchauffement climatique. Leurs problématiques sont les mêmes, les solutions à mettre en oeuvre peuvent être communes. Alors, pourquoi ne pas travailler ensemble ? C'est dans cet esprit qu'intervient une nouvelle initiative : le Réseau caribéen d'actions résilience climatique, piloté par Unite Caribbean, vient de se constituer et sa première séance de travail s'est tenue au Gosier, sur deux jours. 48 heures pendant lesquelles les fondements du réseau ont été posés et les engagements actés. Une trentaine d'acteurs d'Haïti, Sainte-Lucie, Dominique, Guadeloupe et Martinique, manifestement très engagés, voire investis, ont défini les thématiques essentielles sur lesquelles ils pouvaient se rassembler et les actions communes à conduire. Institutionnels et société civile mélangés, ils entendent apporter leur pierre, à leur niveau, à l'édifice de la résilience, notamment en terme de sensibilisation de la population.
 
 
TROUVER DES FINANCEMENTS
Ces « pionniers de la réflexion caribéenne sur la résilience au changement climatique » ne partent pas totalement de zéro. Ils ont leurs expériences propres, leur sphère d'influence dans leurs pays respectifs, et ils peuvent compter sur le transfert des compétences et des outils développés dans les Antilles françaises. Cerise sur le gâteau, ils disposent d'un financement - 300000 euros - apporté par le ministère des Affaires Étrangères français.
Pour mener à terme les premières actions identifiées (lire ci-dessous) - notamment de formation des scolaires, des professionnels du tourisme, mais aussi des médias, sur les thèmes du développement durable et du changement climatique - elle suffira à peine. D'autres subventions devront être dégagées, mais la Chambre de commerce de Martinique s'est engagée à mener les recherches des subsides nécessaires, tant au niveau national qu'au niveau européen. Le challenge est d'envergure. Même s'ils ont été sélectionnés pour leur motivation, les acteurs engagés dans le réseau ne suffiront pas. À eux, donc, de l'élargir en trouvant de nouveaux partenaires dans leurs zones d'influence respectives.
 
Damien Bauchau, directeur de Unite Caribbean
Au-delà des engagements indispensables des États, c'est à nous de proposer des solutions concrètes pour faire avancer le sujet.
 
Assistance technique et formation
Le projet vise à apporter à des porteurs de projets, institutionnels ou représentants de la société civile, un appui pour la réalisation de missions d'assistances techniques ayant pour objet d'améliorer la capacité d'adaptation et de résilience au changement climatique des territoires et des actions de renforcement de capacité en matière de prévention et gestion des risques naturels.
Des outils de formation multilingues seront mis à disposition. Le projet vise la prise en charge de huit à dix missions d'assistance technique et la structuration de trois à quatre modules de formation déployés sur chacun des territoires.

Rompre l'isolement des traumatisés crâniens

L'association des familles de traumatisés crâniens et cérébro-lésés de Guadeloupe (AFTC) propose des solutions pour aider les malades et leurs familles.

Environ 70% des personnes cérébro-lésées, c'est-à-dire victime d'une lésion cérébrale (traumatisme crânien, AVC, tumeur cérébrale, anoxie), souffrent d'une perte d'autonomie. Elles se retrouvent ainsi obligées de réorganiser toute leur existence et d'apprendre à vivre avec leur handicap. Le blessé, tout comme ses proches, se retrouvent bien souvent isolés. À l'isolement s'ajoute l'épuisement général. C'est donc pour leur venir en aide que l'association des familles de traumatisés crâniens et cérébro-lésés de Guadeloupe (AFTC)a vule jour en 2015.
 
 
« RESTER À NE RIEN FAIRE À LA MAISON, UNE FORME DE RÉGRESSION »
L'équipe locale est composée de quatre encadrants professionnels et d'une dizaine de bénévoles qui ont tous en commun d'avoir un proche cérébro-lésé. Depuis 2017, l'association, qui travaille en étroite collaboration avec plusieurs centres SSR (1) du territoire, est montée en puissance, notamment grâce à l'appui financier de l'Agence régionale de santé (ARS).
AFTC Guadeloupe propose ainsi aux familles deux dispositifs plutôt pertinents : d'abord un accueil de jour (Gem, groupe d'entraide mutuel), situé à la Retraite à Baie-Mahault. Éducateurs spécialisés, auxiliaires de vie et encadrants bénévoles prennent en charge, du lundi au vendredi, de 9 à 16 heures, les traumatisés crâniens et cérébro-lésés. « L'objectif est de resociabiliser le patient en lui réapprenant les gestes simples de la vie quotidienne, souligne Fabrice Nortia, trésorier de l'AFTC Guadeloupe. Rester à ne rien faire à la maison est une forme de régression. Nous leur proposons ainsi des activités, cuisine, couture, arts thérapie, jardinage, sorties etc, et l'on travaille avec eux sur leur projet de vie. Car même si leur vie a changé, elle est loin d'être terminée. Ce dispositif offre également un moment de répit pour les familles. »
Le second projet est encore au stade expérimental en Guadeloupe. Il s'agit de proposer aux malades de vivre en colocation (4 à 5 personnes maximum) en présence d'une auxiliaire de vie. « Les patients disposent chacun de leur chambre mais se partagent les espaces collectifs comme la cuisine et la salon, poursuit le trésorier. Ce dispositif se veut évidemment temporaire (deux ans) et prépare le blessé à retrouver une autonomie future dans son propre logement. » L'expérience vient de démarrer chez nous avec trois colocataires à ce jour installés dans une villa, à Convenance (Baie-Mahault). « Deux places sont encore à prendre! » , rappelle Fabrice Nortia.
L'association propose également des groupes de parole réguliers destinés aux aidants familiaux
« qui ont très souvent besoin d'évacuer la pression » .
(1)AVC : accident vasculaire cérébral.
(3) SSR : Soins de suite et de réadaptation
Contact : 8, rue des Capucins damiers, Bellevue de Convenance à Baie-Mahault.
Tel : 05 90 59 18 52/06 90 92 23 75.
Facebook : AFTC Guadeloupe.
(1) Anoxie : diminution de l'oxygénation du cerveau.
Une trentaine de familles
L'AFTC Guadeloupe comprend, à ce jour, une trentaine de familles. Elle est membre d'une union nationale, l'UNAFTC, qui regroupe 54 AFTC régionales, représente 7 000 familles sur l'ensemble du territoire français et gère plus de 300 établissements sociaux et médico-sociaux.
 
800
C'est le nombre moyen d'AVC (accident vasculaire cérébral) enregistrés chaque année dans l'archipel guadeloupéen, soit plus de deux cas quotidiennement.
 

Thrombectomie mécanique, un atout contre l'AVC

La thrombectomie mécanique, une nouvelle technique contre l'AVC

La Martinique est depuis trois ans, la seule dans la Caraïbe à bénéficier d’un traitement révolutionnaire contre l'AVC. La thrombectomie mécanique permet de déboucher 80% des artères dans les cas les plus graves. Immersion en exclusivité avec l’équipe de "médecins experts".

Un patient peut survivre à un Accident Vasculaire Cérébral grâce à cette toute nouvelle technique unique aux Antilles, la thrombectomie mécanique. L’artère est débouchée et le sang peut y circuler de nouveau.
Mais pour avoir la vie sauve, ce patient aura suivi un circuit de soin extrêmement précis qui commence au centre d’appel du 15. Puis une prise en charge spécifique aux urgences de l’hôpital. 


Seuls 30 hôpitaux en France pratiquent cette intervention. Inutile de dire qu’en Martinique c’est une vraie révolution et un véritable espoir pour les 1200 Guadeloupéens et Martiniquais qui sont frappés chaque année par un AVC ischémique. 

Source: Guadeloupe 1ere

Pénurie évité, production relancé: La Banane de Guadeloupe reprend des couleurs

C’est le retour de la banane de Guadeloupe. La banane est le fruit préféré des Guadeloupéens. Très touchée par les cyclones Irma et Maria il y a un an, la banane locale reprend sa place sur les étals. 

 

 

la banane de Guadeloupe, de retour en masse après les pertes dues aux cyclones Irma et Maria, en septembre 2017.  

L’équipe de James Hiedi, manager du rayon Marché à l’enseigne de Colin, a travaillé à la mise en valeur des bananes locales.

« Il y a une petite maisonnette, un décor de Noël, des fanions, les bananes sont mises en valeur. C’est le fruit préféré des Guadeloupéens », décrit le responsable.

Et si la banane de Guadeloupe est si bien traitée dans les rayons des grandes surfaces partenaires, c’est parce que pendant plusieurs mois, elle s’était faite rare…Dans certains points, c’est la banane de Martinique qui comblait le vide. Pour David Mirre, producteur de bananes à Bouillante, c’est une façon d’annoncer « le grand retour de la banane de Guadeloupe ». Sur son exploitation de 12 hectares qui produit en temps normal 450 tonnes, David Mirre ne produisait, en juillet dernier, que 15% de sa production normale. En cette fin d’année, il est revenu à la moitié de sa production environ et peut ainsi réapprovisionner en bananes de Guadeloupe les grandes surfaces.

Dans les rayons, certains clients sont agréablement surpris de retrouver la banane ainsi mise en valeur.

« Ce devrait être le cas de tous les produits locaux, mis en avant, dans toutes les grandes surfaces de la même façon », propose Maryse, une cliente.

Source: RCI

Rapport de l'OREC sans équivoque.

L'Observatoire du climat vient de rendre un rapport sur la vulnérabilité de l'archipel au changement climatique. Cette étude est basée sur des critères objectifs.

Le rapport de l'Observatoire régional de l'énergie et du climat (Orec) rendu public cette semaine confirme le ressenti de chacun. La Guadeloupe est particulièrement vulnérable au réchauffement climatique. Et cette conclusion est basée non pas sur une impression, mais sur l'étude de données objectives.
 
 
 
L'exposition de notre archipel aux variations climatiques est évidente. L'érosion du littoral en est l'illustration la plus visible, mais on détecte aussi cette exposition dans le renforcement des contrastes saisonniers, l'élévation des températures, l'acidification de l'océan, l'intensité des événements extrêmes, etc. Exposés,nous le sommes donc, plus ou moins selon les cas. Mais nous sommes aussi sensibles.
Sensibles, ça signifie que cette exposition risque de nous affecter. À des degrés divers, qui vont de négligeable à majeur. Notre milieu - biodiversité, ressource en eau... - est d'une sensibilité modérée, voire majeure (lire ci-dessous). La sensibilité de nos activités économiques (tourisme, pêche, industrie, énergie) varie selon les secteurs. Celle de la population, enfin, varie également selon divers critères, tels que l'âge, la santé, le lieu d'habitation, etc.
 
VULNÉRABILITÉ CRITIQUE
C'est à travers ces deux premières notions d'exposition et de sensibilité que l'on peut évaluer la vulnérabilité de tel ou tel domaine. Quand, dans un domaine donné, l'exposition est de niveau « très probable » et la sensibilité qualifiée de « majeure » , on imagine bien que la vulnérabilité est critique... C'est le cas, par exemple, de nos coraux.
Alors, au bout du compte, que ressort-il de ces évaluations. Hé bien, notre vulnérabilité est critique dans plusieurs domaines. C'est le cas notamment des zones en surcotes centennales et, dans le domaine de la santé, des personnes âgées de plus de 75 ans vivant seules. C'est le cas également, en terme économique, des foyers fiscaux déclarant moins de 100 000 euros et, en terme d'environnement, des côtes basses sableuses ou à galets. En revanche, la vulnérabilité du tourisme est calculée comme modérée, et celle de l'autonomie énergétique comme significative.
 
Deux témoins pour la biodiversité
On trouve en Guadeloupe des espèces (faune et flore) qu'on ne retrouve pas sur d'autres territoires. Mais les pressions anthropiques, - pollution, destruction d'habitat, surexploitation - les menacent, et le réchauffement fait empirer la situation.
L'étude a déterminé deux indicateurs pour étudier la vulnérabilité de notre biodiversité, la couverture corallienne d'une part, la surface de forêt marécageuse de l'autre. Les coraux sont en effet des témoins précoces des variations de leur environnement. L'exposition des nôtres est considérée comme « très probable » et leur vulnérabilité comme critique. La forêt marécageuse est également un indicateur important, d'une part parce qu'elle est un refuge pour la biodiversité, d'autre part elle aide à lutter contre inondations et crues, et, enfin, parce qu'elle piège le carbone. Sa sensibilité est considérée comme mineure, et son exposition comme peu probable. Elle n'est donc qu'assez peu vulnérable, même si le risque est qualifié de significatif.
 
Quatre indicateurs d'exposition
Pour bien appréhender l'exposition de l'archipel au réchauffement, 4 indicateurs ont été étudiés : les arrêtés de catastrophes naturelles (Catnat), le nombre de jours de vigilance météo, les fréquences des pluies de forte intensité et le nombre de jours consécutifs en arrêté sécheresse.
Entre 1990 et 2017, 264 arrêtés de Catnat ont été émis sur le territoire. L'impact inondation est associé à 90% d'entre eux, ce qui fait de cet aléa le premier impact naturel de Guadeloupe. De 2011 à 2017, la principale vigilance émise est la « pluie/orage » , en moyenne de 37 jours par an. Les phénomènes de pluies remarquables sont définis comme des épisodes atteignant un seuil de 140 mm sur 2 jours. Il y en a eu 17 en 2017. Le pic des 30 dernières années date de 2005 avec 28 épisodes. Il n'y a eu aucun jour d'arrêté sécheresse en 2017.
 
Quelle élévation pour la mer ?
Le réchauffement climatique provoque une élévation du niveau de la mer, liée à la dilatation thermique des océans, et à la fonte des glaciers de montagne et des calottes polaires. Le BRGM a étudié diverses éventualités pour la Guadeloupe. Il en résulte que l'élévation du niveau de la mer devrait être ici de 26 cm à l'horizon 2050. 25 cm, ça peut sembler peu, mais ça supprimera des centaines d'hectares en bordure côtière. Et ça offrira, par ailleurs, un boulevard supplémentaire aux submersions marines intervenant dans le cadre des cyclones. Pour donner une idée, ces submersions, lors de l'ouragan Maria, ont débouché sur une surcote de 50 à 70 cm en certains secteurs.